Victoire sur les œuvres du diable


Il y avait dans une autre église de la ville un chrétien spirituel qui connaissait la Bible par cœur, ou presque, et ne parlait que par versets bibliques interposés ce qui était parfois lassant mais tout le monde le lui pardonnait car, si quelqu’un s’avisait de le reprendre, il disait ou plutôt criait presque…

– Mais qui es-tu donc pour me juger ?
Ne vois-tu pas la poutre qui est dans ton œil avant de voir la paille qui est dans le mien ?

Il ne savait pas que Jésus parlait en araméen courant et que cela ne doit pas lui faire plaisir d’entendre les chrétiens citer des versets bibliques à tout bout de champs et de s’envoyer à la figure des jugements d’autant plus que ceux qui le font n’arrêtent pas de dire qu’il ne faut pas le faire.

Notre agaçant chrétien, appelons-le François pour préserver son identité, était un exemple de cette espèce qui, bien que pratiquant le péché avec volupté, ne pouvait s’empêcher de le sanctionner quand il le repérait chez les autres.

Quand il n’en trouvait pas, il les fabriquait car c’est bien plus facile d’user de calomnie plutôt que de reconnaître ses propres errements, et malheureusement dans son église, ils étaient tous à peu prés comme cela et c’est sans doute parce qu’on le leur avait appris ou qu’on le tolérait pour de mystérieuses raisons.

En fait, reconnaître son péché du moment aurait été une remise en question de toute sa croyance et, comme un bon catholique ne veut pas renoncer à l’adoration des statues quoi qu’il s’en défende, continue à mettre des cierges pour prier à sa place même si il devrait savoir qu’elles ne peuvent rien pour lui.

Quand on abordait cette question du péché dans l’Église, non pas celle qu’il fréquentait mais la grande, la vraie, lui et ses coreligionnaires répétaient en cœur qu’on était « sauvé par la grâce », ce qui semblait les autoriser à continuer à pécher volontairement et à envoyer spirituellement promener avec des versets bibliques ceux qui leur en faisaient la remarque.

Mais un jour, un frère lui posa cette question..

– Quelle est la différence entre un chrétien pécheur et un païen pécheur ?

Là, François ne su que répondre à part la litanie habituelle racontant qu’il était sauvé par grâce et, ce qu’il avait entendu prêcher une fois par un pasteur bien informé…

– Même si je suis dans le péché jusqu’au cou, j’ai la certitude d’être accueilli dans le Paradis.

– Alors, questionna le frère, si les pécheurs sont sauvés par grâce, il en est de même pour les incroyants, les adeptes des autres religions et pas seulement les chrétiens puisque Jésus a été crucifié pour eux ?
– Je suis sauvé par grâce par le sang de la croix.

Ne pouvant rien tirer de plus de ce François chrétien pécheur biblique, le frère laissa tomber le sujet et essaya autre chose.

– Le sacrifice sur la croix est une victoire sur les œuvres du diable n’est-ce pas, alors, puisque nous sommes arrachés à la puissance de la mort , pourquoi un sauvé continue-il à pécher ?
– La chair est faible mais l’Esprit est bien disposé
– D’accord raisonna le disciple, mais que penses-tu du fait que le salaire du péché, c’est la mort ?
– II est réservé aux hommes de mourir une seule fois, assura le chrétien François avec une belle assurance, et nul ne connaît la date et l’heure, mais toi, qui es-tu pour m’enseigner de la sorte, as-tu reçu un rhéma de Dieu pour me parler comme cela ?
– Non, je ne crois pas ou plutôt si, ne suis-je pas le gardien de mon frère ?
– Tu n’es le gardien de personne car tu n’es même pas pasteur, et le Saint Esprit ne m’atteste pas que je doive t’écouter, l’amour couvre toutes les fautes, et puis, tu ne me parles pas avec amour et tu devrais relire 1 Corinthiens 13 qui dit que l’amour excuse tout, il croit tout, espère tout et supporte tout. Tu parles charnellement et as besoin de te remettre en question et de te convertir.

Le disciple, devant tant de mauvaise volonté et l’utilisation des passages bibliques sortis de leur contexte, ne savait plus quoi dire car de toutes façons, le jeune François avait réponse à tout, et ce n’était pas le manque de connaissance biblique qui le tracassait mais le sentiment diffus que ce gars n’avait rien compris au plan du Salut puisqu’il ne détestait pas le péché et le tolérait dans sa vie et dans celle des autres.

De plus, mais cela devait être la conséquence du péché justement, l’autre était orgueilleux, agressif, méprisant, culpabilisateur, assurément coupable lui-même, ce qui était l’exact contraire de la manifestation des fruits de l’Esprit et voulait donc dire qu’il n’avait pas expérimenté une nouvelle naissance tout en croyant dur comme fer que cela était.

Il semble que son pasteur le lui laissa croire ou, ce qui serait bien pire, ne sache pas lui-même de quoi il en retournait et n’emmène par son ignorance tous les membres de leur congrégation avec eux en enfer.

Ce qui fit penser au disciple que, outre l’abus que faisaient ces gens de la Parole de Dieu en la citant n’importe comment et en l’arrangeant au grès de leurs besoins pour excuser leurs fautes, qu’ils chantaient aussi le dimanche des cantiques à la gloire de ce même Dieu et le priaient avec une bouche impure tout autant que leurs cœurs.

« Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu en vain ; car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui prononce son nom en vain. » Deutéronome 5:11
« En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. » Matthieu 6:7

Il se rappela, dans une église qu’il fréquentait il y a bien longtemps, avoir été choqué par le comportement de deux mémères assises dans la rangée devant lui et qui parlaient chiffon.

« Gloire à Dieu, Gloire à Dieu, 
au plus haut des cieux. 
Gloire à Dieu, Gloire à Dieu, 
au plus haut des cieux  »

Elles reprenaient le refrain en cœur avec les autres chrétiens de l’église et, pendant les couplets, reprenaient leur discussion qui était bien loin de ce que dans cette assemblée on appelait « adoration ».

Notre ami François faisait de même et pas seulement dans la louange.

Il participait avec une grande ferveur aux prières publiques et, quand son tour venait de prendre la parole, il criait presque dans l’assemblée de longues prières où il était question de repentance, de regret du péché, de promesses à Dieu de le servir dans la pureté du cœur comme si c’était nécessaire.

Ce n’était en fait que des mensonges mais, comme tout le monde faisait comme cela, tout le monde était content et ils trouvaient cela normal.
Pour la Sainte Cène, un ancien avertissait le peuple avec ce verset de 1 Cor. 11:28-30 qui raconte que…

« Que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et qui boit, mange et boit un jugement contre lui-même, ne distinguant pas le corps. C’est pour cela que plusieurs sont faibles et malades parmi vous et qu’un assez grand nombre dorment ».

Mais on donnait cette cène à tout le monde de sorte que les membres de cette l’église qui étaient dans le péché la prenaient quand même et y voyait là une autorisation de continuer comme cela puisque personne, et surtout les anciens, ne les reprenait et c’était bien comme cela.

C’était d’ailleurs la seule obscénité que François ne dénonçait pas comme le reste quand il pinçait un « frère » à pécher ou à ne pas être d’accord avec « la doctrine », celle du moins qu’il s’était inventé.

Cela faisait dire au disciple que les œuvres du diable étaient pour les autres seulement, que cette façon de penser n’était pas de Dieu assurément, et qu’il faudrait bien qu’il cesse un jour de causer à ces gens comme à des vrais chrétiens puisque manifestement ils n’avaient rien compris au plan du Salut.

Heureusement, ce disciple était membre de l’Église de la ville et seuls ceux qui véhiculaient l’Esprit de Dieu hors des murs du bâtiment qui les abritait de la pluie savaient dans quel Royaume ils étaient assis pour l’éternité qui pour eux avait déjà commencé.

Ce texte est un extrait des aventures spirituelles du Pasteur Jo

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3 commentaires pour Victoire sur les œuvres du diable

  1. Adonya dit :

    Tellement vrai et ces chrétiens là sont légion…
    Juste une question car je n’ai pas le temps de lire tout de suite en entier les aventures spirituelles de pasteur Jo.
    Qui est le pasteur Jo? Personnage fictif dont les aventures sont inspirées de faits réels ou personnage authentique dont les aventures sont inspirées de faits réels?

    • paloque dit :

      Le Pasteur Jo est un personnage fictif par lui-même mais ses aventures sont tirées de la réalité du moins pour la plupart.

      Oui, la très grande majorité des histoires racontées par ce récit sont vraies et vécues soit par l’auteur lui-même soit dans des situations dont il a été le témoin direct en ayant ou non pris une part active.

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